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 3 . Vers-Pont-du-Gard

 

            Vers est un charmant village rebaptisé depuis quelques années "Vers Pont du Gard"

          La garrigue est belle dans la partie sud du village. Dans la partie nord, et c'est dommage, les carrières ne cessent de se développer au dépens de la nature qui cède le pas à l'exploitation de la pierre.

         

            Le village doit son originalité à l'abondance des sources, au charme des couleurs de la pierre, à l'harmonie des effets produits par les ombres et la lumière sur les murs des vieilles maisons.

            Dans la campagne de Vers pont du Gard la visite de l'aqueduc est facile. Les sentiers sont accessibles et ne présentent pas de difficultés. Les vestiges sont nombreux et variés. Leur architecture fait appel à toutes les formes : tranchées enterrées, aqueduc aérien sur des murs bahuts, sur des arches de petites dimensions sans renforts, sur des archezs plus importantes renforcées. Certaines arches sont ouvertes, d'autres bouchées entièrement d'un bord à l'autre, ou obturées par deux murs parallèles. On y trouve des concrétions en tous genres : des draperies aux amas carbonatés en passant par les stalactites et les stalagmites. Des effets de violents séismes jusqu'aux brins de végétaux calcifiés, aux minces indices d'une restauration de l'aqueduc.                            

            Les archéologues d'abord, les amateurs ensuite s'émerveillent devant l'importance du potentiel archéologique qui sommeille dans la garrigue versoise. C'est à Vers encore que l'on découvre les deux parties d'aqueduc recouvertes par des dalles : le tronçon du "mazet du Marin" et le Pont du gard.

            L'aqueduc dans la garrigue de Vers semble fait exprès pour livrer ses secrets les plus divers. En une matinée passée au "Clos des Touillers", à la "Lône", le long du "Pont Roupt" au pied des arches de "Valive", le visiteur acquiert des notions suffisantes pour ne plus limiter l'aqueduc romain au seul Pont du Gard.


     Note sur l'orthographe du "Pont Roupt" :

     Il s'agit du pont rompu. Selon les professeurs de langue occitane, l'orthographe serait "roupt" en occitan ou "rout" et qui au féminin donne  "route en provençal. Jamais "rou", qui serait la transcription du mot tel qu'il se prononce, n'apparaît
     Dans les années 1980, des services officiels ont utilisé et répandu (sans doute à partir d'un plan qui comportait cette erreur) l'orthographe contestée. Il conviendrait de revenir aux origines du mot et de corriger cette faute.
     Pour respecter la linguistique régionale, VERS PONT du GARD se trouvant dans la partie de culture provençale du Languedoc, il conviendrait d'écrire "Pont Rout" comme l'aurait écrit le Maillanais Frédéric Mistral. ou "Pont Roupt comme l'aurait écrit le Nîmois Antoine Bigot. 

     L'orthographe régionale est un aspect du patrimoine !                                                                         

Les carrières et la pierre de Vers

          Le promeneur qui s'aventure dans la partie nord-ouest de la commune de Vers-Pont-du-Gard découvre des espaces béants de plusieurs hectares. Ce sont les carrières de Vers Pont du Gard ou de Castillon du Gard.

            D'où vient cette pierre ?

            Pendant l'époque miocène, il y a 25 millions d'années, la mer envahissait toute la région qui forme aujourd'hui la vallée et les Côtes du Rhône jusqu'à Lyon et la Suisse. Des dépôts coquilliers s'accumulèrent au fond et formèrent cette mollasse qui porte le nom de pierre du Pont du Gard.
            C'est une pierre tendre, friable lorsqu'elle vient d'être travaillée et qui durcit avec le temps au point de devenir résistante.

            Autrefois, exploitées à la cadence artisanale, les carrières apportaient un complément de revenu aux petits propriétaires terriens. La pierre était vendue aux maçons nîmois qui appréciaient son aspect, son grain et sa couleur. Elle aurait été utilisée pour la construction des quais du Vieux port de Marseille.

            Depuis la fin de la seconde guerre mondiale les progrès de la technique ont entraîné une accélération des cadences.
            Les carrières de Vers et de Castillon s'étendent et font reculer fâcheusement la garrigue ! Jusqu'en 1945 elles étaient gérées avec les moyens de l'époque : l'escoude, la scie à main, la barre à mine. Depuis la deuxième guerre mondiale la mécanisation a fait des progrès tels que le paysage se transforme très vite, au dépens de l'écologie.
            Chaque exploitant utilise des noms qui évoquent l'aqueduc ou la romanité. Mais ces initiatives semblent surtout destinées à conforter des intérêts commerciaux. On peut craindre en revanche que d'ici quelques décennies la garrigue ne devienne un cimetière de carrières. Saura-t-on réhabiliter ces vastes emplacements par des installations en accord avec le site (serres, lieux de spectacles, ...) ?

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